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28 propositions pour « instruire, former, éduquer »

28 orientations précises pour que la France entre, en cinq ans, dans les dix premières nations du monde pour la qualité, la réputation et l’efficacité de son système éducatif.

L’école, c’est la République. Les blessures à l’école, les échecs, ce sont des blessures et des échecs pour la République. Les élèves en échec, ce sont des échecs pour toute la société française et pour tout le projet national qui est le nôtre.

L’école, c’est la République et c’est, pour ceux qui ont souci des valeurs qui sont les nôtres, c’est le projet humaniste par excellence. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement l’économie, ce n’est pas seulement la capacité du pays, ce qui est en jeu, c’est l’épanouissement de chacun, non seulement l’épanouissement de l’esprit, mais l’épanouissement de tout l’être et de tous les êtres.

Un contrat de progrès entre l’école et la nation

Ce contrat doit garantir les moyens existants et en même temps préciser les objectifs que la nation assigne à l’école. Je conserverai le nombre d’enseignants actuels. Le progrès que nous nous assignons doit être vérifiable par tous, c’est pourquoi je fixe un objectif que, dans les cinq ans, l’école française entre dans les dix premiers du classement international pour la compréhension de l’écrit, le calcul, les connaissances scientifique et la lutte contre les disparités sociales.

Un plan de progrès continu

Un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme pour vraiment changer les choses. Il faut cesser d’aller de fausses réformes en fausses réformes qui ne changent rien sur le fond mais déstabilisent perpétuellement l’Éducation nationale et, en même temps, le moral, la confiance professionnelle des enseignants et des parents. C’est de la fausse monnaie et il faut que cette fausse monnaie soit écartée.

Exclure la violence de l’école

Il faut refaire de l’école un lieu d’où la violence est exclue et où le respect est la règle entre élèves et enseignants, à l’égard des enseignants et dans la cour de récréation.

Restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants

Je maintiendrai le décret qui définit le statut des enseignants. La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat, on peut faciliter, si on le souhaite, une présence plus importante dans l’établissement par exemple en construisant des bureaux, mais les procès perpétuels contre les enseignants sur le temps de travail doivent cesser.

Défendre les concours de recrutement nationaux

Les concours de recrutements nationaux sont la voie la plus républicaine et la plus légitime pour sélectionner les enseignants du second degré. Ils sont anonymes, ils sont justes et permettent de juger réellement de la qualité d’une génération de candidats. Ils font partie de la fierté des corps d’enseignants en leur garantissant une légitimité. Je défendrai les concours de recrutements nationaux.

Reconstruire une année de formation des enseignants

La reconstruction d’une année de formation en alternance avec exercice dans la classe et transmission de l’expérience d’autres enseignants est impérative et étroitement liée au contrat de progrès dans l’Éducation nationale. Il s’agit du moyen et du seul moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutant avec l’expérience de leurs collègues plus expérimentés et plus assurés. Il s’agit d’armer les jeunes enseignantes et de leur faire ainsi gagner des années d’expérience.

Une évaluation des enseignants plus objective

La notation pédagogique des enseignants doit être assurée par des évaluateurs (corps d’inspection ou autres), expérimentés, de la même qualification au moins, de la même discipline que celui qui est ainsi évalué et non par le chef d’établissement étranger à la discipline enseignée. Au demeurant il n’y a rien à changer à l’équilibre actuel. Le chef d’établissement évalue déjà les capacités et les qualités des enseignants, individuellement, et son évaluation représente 40 % de la note attribuée. J’ajoute que plus on trouvera d’éléments objectifs pour assurer l’évaluation et plus j’approuverai cette évaluation.

Mettre fin aux surcharges administratives

À l’école comme dans tous les autres secteurs d’activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie et ne sert à rien. Il sera également mis fin à l’avalanche de circulaires de toute nature.

50% du temps de travail à l’école primaire consacré à la langue française

D’abord les bases et les bases d’abord. Il n’est aucune chance de réussite pour un élève qui n’a pas la maîtrise des fondamentaux. Je proposerai que, tant que cela est nécessaire, 50 % du temps scolaire à l’école primaire soit consacré à la maîtrise de l’écrit qu’on on dit actif et passif, et à la langue française en sa beauté à découvrir, en ce qu’elle peut exprimer de nuances, de richesses, en son vocabulaire. C’est un bagage pour la vie.

Le repérage précoce des difficultés psychoaffectives

Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, pour la plupart du temps d’ordre pédagogique ou de l’ordre des capacités, comme on le dit. Les repérer tôt par une formation et un réseau adapté, c’est donner une chance de les résoudre soit au sein de l’école soit par l’intervention, plus souvent encore, de pédopsychiatres. Je trouve que ce repérage précoce des difficultés souvent affectives des élèves est un service à leur rendre et probablement la stratégie la plus efficace contre l’échec scolaire.

Des écoles de parents associatives

Le premier lieu de l’éducation c’est la famille : favoriser la mise en place d’écoles de parents associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant, me paraît là une vraie aide, une vraie assistance aussi aux enseignants.

Des méthodes pédagogiques définies par l’évaluation des résultats

La question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l’idéologie mais par l’évaluation des résultats. Ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage, c’est à la classe, au résultat effectif, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique. Et c’est donc par l’évaluation des résultats que l’on doit trancher de la question des méthodes.

Maîtrise de la lecture et de l’écriture à l’entrée au collège

Aucun élève ne doit entrer au collège sans qu’il soit garanti qu’il maîtrise la lecture et l’écriture. S’il est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l’écrit car le but n’est pas d’exclure, mais d’intégrer les élèves qui autrement seront perdus tout au long de leur scolarité.

Le nombre d’élèves par classe pensé en fonction de la réalité de la classe

Il faut penser le nombre d’élèves par classe en fonction, non pas de normes, mais de la réalité de la classe. À classe difficile petit nombre d’élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d’élèves.

Un collège « hors les murs » pour les élèves en échec

Le collège doit être diversifié. Il est normal et juste que la nation veuille garantir un bagage à tous les enfants, mais ce bagage de connaissances et de méthodes ne peut être apporté dans l’uniformité. Pour un certain nombre d’élèves en situation de rejet de l’école un « collège hors les murs » avec des pédagogies adaptées doit permettre une reconstruction et le retour, s’il le souhaite, à la voie classique.

Le principe des programmes débattu au Parlement

Dans chaque discipline le « apprendre à apprendre » et le retour assidu aux bases doivent servir de socle. Les programmes doivent être écrits avec les enseignants en imposant la faisabilité sans précipitation et la simplicité de leur énoncé. Je propose qu’un débat parlementaire permette d’exposer à la nation le principe des programmes de son école et leur lisibilité.

Une meilleure information des élèves

Informer les élèves sur ce qu’ils ne maîtrisent pas, par exemple, les codes de comportement, d’habillement, de langage. Les chemins de la confiance en eux-mêmes sont des choses très sensibles mais ce sont des choses qui manquent cruellement à un très grand nombre d’élèves qui sont plongés dans un monde dont ils n’ont pas les clés et pas les codes. Il est du devoir de l’école de la République de les leur proposer, non pas de les leur imposer, mais de les expliquer pour qu’ils comprennent un certain nombre de réactions que le monde a à leur égard où qu’ils ont eux-mêmes à l’égard de ce monde.

Un emploi du temps des élèves de 30h maximum

Les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n’est pas normal que l’école française soit celle qui concentre le plus d’heures de cours sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne devraient pas dépasser une charge horaire d’une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire presque autant que leurs parents. Ceci signifie évidemment un allégement des horaires pour un grand nombre d’élèves. Les heures ainsi gagnées seront utiles aux enseignants pour le travail en commun, et aux établissements pour des programmes au choix qu’ils pourront élaborer.

Faire les devoirs dans l’établissement

Les devoirs doivent être faits dans le cadre de l’établissement sous la surveillance de tuteurs, d’enseignants de l’établissement s’ils le souhaitent, d’enseignants à la retraite ou le plus souvent d’étudiants qui recevront une bourse pour se familiariser ainsi avec l’enseignement et servir de grands frères scolaires, de tuteurs ou d’appuis aux élèves plus jeunes. Ces bourses de tutorat doivent être offertes à coût réduit aisément accessible, elles pourront être offertes aussi en complément de leur retraite à des enseignants qui voudront encore servir, elles accroîtront la présence si nécessaire des adultes dans les établissements.

Une autonomie nouvelle pour les chefs d’établissements

Donner aux chefs d’établissement des possibilités nouvelles par exemple recrutement direct des remplaçants, gestion des volumes d’heures pour organiser des soutiens individualisés ou en petit groupe. Je suis pour que cette autonomie nouvelle permette un meilleur service public au sein des établissements, de l’enseignement secondaire en particulier.

La découverte des métiers pour l’enseignement professionnel

L’enseignement professionnel doit reposer non pas sur l’élimination mais sur la vocation par la découverte des métiers, par l’alternance ou l’apprentissage. Et donc information sur les métiers tout au long du collège, découverte des entreprises et des chantiers pour que les élèves découvrent ce que sont ces activités dont ils entendent parler, mais qu’ils n’ont jamais rencontrées. C’était déjà l’idée du stage en troisième que nous avons créé en 1995 et dont tous les élèves et beaucoup d’entreprises sont très heureux.

Développer l’apprentissage et l’alternance

Il faut un plan de développement de l’apprentissage et de l’alternance. Il faut que nous élucidions cette question : qu’est-ce qui bloque pour les entreprises ? Qu’est-ce qui bloque du côté de l’éducation ? Qu’est-ce qui bloque dans la destination de la taxe d’apprentissage ? Toutes ces questions-là devront être traitées pour que soit élaboré ce plan de développement dont nous avons besoin de l’apprentissage et de l’alternance.

Un baccalauréat d’excellence littéraire et scientifique

Nous souffrons d’une double pénurie de scientifiques et de littéraires et cette double pénurie constatée dans tous les amphithéâtres est à mon sens dommageable pour la nation. Tout le monde s’accorde à reconnaître que, pour les scientifiques par exemple, cela présage d’une crise des vocations qui est extrêmement lourde. Nous devons réfléchir à l’organisation des baccalauréats et sur une nouvelle voie du baccalauréat qui sera un baccalauréat d’excellence générale à la fois littéraire et scientifique. L’obligation à choisir entre littéraire et scientifique pour un certain nombre d’élèves est, au fond, un choix trop difficile et ils n’arrivent pas à assumer et que beaucoup d’entre eux, et parmi les meilleurs, voudraient faire les deux.

Refonder l’articulation entre secondaire et supérieur

C’est une clé pour lutter en particulier contre l’échec des premiers cycles à l’université parce que ce que les élèves ne savent pas, c’est que l’université, c’est une connaissance que l’on se construit soi-même autant qu’on la reçoit. C’est la recherche dès les premières années, c’est un exercice d’autonomie. Il faut former à cette autonomie en Terminale. Je propose que la Terminale soit repensée comme une véritable propédeutique, on disait cela autrefois, une véritable entrée, préparation à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Une conférence nationale sur le handicap

Des progrès ont été faits dans la scolarisation des enfants handicapés, mais des obstacles demeurent. Beaucoup d’enseignants se sentent démunis face au handicap. Je propose que l’on aborde cette question franchement dans le cadre de la Conférence nationale sur le handicap. Enfants handicapés dans leur scolarisation, cela mérite une réflexion et un soutien nouveau de la nation.

Un grand plan santé à l’école

Les élèves français sont les plus frappés d’Europe par les addictions au cannabis, à l’alcool, par un certain nombre de comportements à risques. Une mobilisation notamment avec les étudiants en médecine, dans tous les établissements scolaires dans l’enseignement secondaire sera bienvenue et urgente pour lutter contre ces addictions.

Développer l’e-learning

L’éducation numérique est très importante pour l’avenir. Il y a là un gisement de progrès considérable. En même temps, il n’y a pas d’éducation qui soit déshumanisée, il n’y a pas d’éducation qui soit entièrement dématérialisée et les ressources de ce que l’on appelle le e-learning sont, pour l’avenir, en même temps un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte, et un univers qu’il nous faut apprendre et que les jeunes, les élèves et les étudiants doivent apprendre. Je propose aussi une réflexion générale sur la coopération entre l’enseignement numérique et l’enseignement classique traditionnel dans les classes.

Ouvrir des écoles du soir

Il faut ouvrir les établissements scolaires en dehors des heures de cours à la demande d’éducation de la société. Une école du soir « à la demande » avec une contribution modeste des apprenants doit être ouverte dans tous les établissements du second degré. L’initiative viendra de la demande de ceux qui veulent apprendre quelque chose. Il n’est pas normal que nos établissements soient fermés un jour sur deux dans l’année et ne servent à rien d’autre. La société a besoin qu’on lui propose une offre de formation générale.

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